– Eh bien, voilà; après avoir beaucoup travaillé – je parle du travail de l’esprit – après avoir longuement médité et PHILOSOPHÉ, je suis arrivé à la conclusion irréfutable que le seul bonheur possible c’est d’être un homme de la Nature. J’ai besoin d’air, j’ai besoin d’espace pour que ma pensée se cristallise. Je ne m’intéresse plus qu’à ce qui est vrai, sincère, pur, large, en un seul mot, l’AUTHENTIQUE, et je suis venu ici pour cultiver l’AUTHENTIQUE. J’espère que vous me comprenez?
– Oui, dit Ugolin. Évidemment.
– Je veux vivre en communion avec la Nature. Je veux manger les légumes de mon jardin, l’huile de mes olives, gober les oeufs frais de mes poules, m’enivrer du seul vin de ma vigne, et dès que ce sera possible, manger le pain que je ferai avec mon blé.
“Well, well, here it is; after having worked a lot – I’m talking about the work of the mind – after having meditated and philosophised at length, I arrived at the irrefutable conclusion that the only possible happiness is being a man of Nature. I need air, I need space for my thoughts to crystallise. I’m only interested in what’s true, sincere, pure, broad, in only a word, authentic, and I came here to cultivate the authentic. I hope that you understand me?”
“Yes,” said Ugolin. “Obviously.”
“I want to live in communion with Nature. I want to eat my garden’s vegetables, my olives’ oil, to gulp down my hens’ fresh eggs, to get myself drunk on the only wine of my vineyard, and as soon as possible, to eat the bread that I’ll make with my dough.”